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En mémoire de
Paul Marie Jarret de la Mairie (1817-1891)
Capitaine au Long Cours (1846-1869)
Les Paquebots du Levant,
Guide des Voyageurs
des Paquebots-Poste de la Méditerranée

Service maritime des Messageries Nationales 
1853


Document dans le domaine public « google livre » au format PDF 



 
 
Il ne s’agit pas ici de recopier le document des Messageries Nationales de 1853, au moment d’ailleurs où elles prennent le nom de Messageries Impériales ; dans un premier temps la brochure nous a semblé révélatrice d’une stratégie de séduction, de la « pub » dirions-nous aujourd’hui, concernant les services de transport proposés, mais ce qui a retenu essentiellement notre attention, c’est la façon de voyager, d’embarquer et de débarquer des voyageurs, telle que présentée par cette compagnie maritime. Pour ce qui concerne la présentation des sites « touristiques », nous laisserons au lecteur le loisir de se rendre au document original.
 
Une stratégie de séduction :

"Lorsque l’on fait un voyage d’agrément dans le Levant, le choix de la saison n’est pas indifférent. Si on le commence au printemps, il faut se diriger vers l’Italie pour arriver en Grèce et à Constantinople à l’époque où les chaleurs sont modérées, où la verdure est dans tout son éclat, puis remonter par la Syrie pour arriver à Jérusalem et en Egypte à l’époque où la cessation du hamsin en rend le séjour plus agréable. C’est après cette époque qu’a lieu le débordement du Nil, et lorsqu’il est un peu retiré, on peut profiter des bateaux à vapeur qui remontent dans la haute Egypte, et faire ce curieux voyage avec toute facilité. On a encore l’avantage, en suivant cet itinéraire, d’éviter la plupart des quarantaine auxquelles on est assujéti si l’on commence son voyage par l’Egypte.

Dans l’arrière-saison, à compter du milieu du mois d’août, le choix de l’itinéraire est indifférent il vaut toutefois mieux suivre celui que nous venons d’indiquer pour éviter les séjours dans les lazarets(1).

Les voyageurs doivent se munir de passeports parfaitement en règle et revêtus des visas des ambassadeurs des différents états qu’ils veulent parcourir. La moindre omission à cet égard peut leur fermer les points qu’ils voudraient visiter. L’administration des paquebots-postes, à Marseille, se charge des dernières formalités à remplir.

Par le moyen des paquebots-poste de la Méditerranée, on peut en 5 semaines visiter une partie de l’Italie, et Malte ou bien encore Constantinople ou le Kaire. En deux mois, l’Italie et la Grèce, ou l’Italie, Constantinople et Smyrne. En trois mois et quelques jours, l’Italie, Malte, la Grèce, Constantinople, Smyrne, la côte de Syrie, Jérusalem et l’Egypte.

Dans tous les ports le capitaine du paquebot est chargé de toutes les démarches à faire pour régulariser les passeports.

Tous les navires sont de première force, d’une très grande solidité et d’une marche rapide. Ils sont affectés au service postal de la Méditerranée, concédé à la compagnie par la loi du 8 juillet 1851, et sont commandés par des lieutenants de vaisseau de la marine impériale. Ils ont chacun à son bord un équipage nombreux, un médecin expérimenté, des femmes de chambre et des domestiques en nombre suffisant pour le service des passagers. Les emménagements sont beaux, spacieux, et de nature à assurer aux voyageurs tout le confort désirable.
 
La table y est servie avec recherche et abondance.


Salon des paquebots-poste de la Méditerranée
 
Dans les tarifs des passagers ne sont pas compris les frais de nourriture, qui sont obligatoires et fixés à 6 francs pour les passagers de première classe, et de 4 francs pour ceux de seconde. Les passagers de troisième et quatrième classe traitent de gré à gré pour leur nourriture.

Les enfants de deux et dix ans paient moitié place et moitié nourriture. Ils doivent coucher avec les personnes qui les accompagnent. Il est accordé un lit pour deux enfants. Ceux au-dessous de deux ans sont admis gratis.

Le transport des voitures et des chevaux a lieu d’après le tarif établi pour chaque localité. Les chiens doivent être muselés et attachés sur le pont. Le prix de leur transport est fixé à 10 fr. pour toute destination.

Les voyageurs ont la faculté de s’arrêter dans un ou plusieurs ports intermédiaires et de continuer leur voyage par les paquebots suivants de la Compagnie dans le délai de quatre mois.

Ceux des voyageurs qui acquittent d’avance les prix des voyages d’aller et de retour, jouissent d’une remise de 20 p. 100 sur le tout. Les billets de retour sont valables pour quatre mois.

Les familles composées de trois personnes au moins, jouissent également de la remise de 20 p. 100. Dans le cas de combinaison de famille et retour, la réduction est de 30 p. 100.

 
Les bâtiments à vapeur qui composent le matériel flottant de la Compagnie, sont :
Egyptus              
Nil
Caire
Alexandre
Louqsor
Osiris
Leonidas
Télémaque
Eurotas
Lycurgue
Scamandre
Mentor
Tancrède
Périclès
Oronte
Bosphore
Hellespont
Thabor
En construction à la Ciotat, dans les ateliers de la Compagnie : Sinaï, Carmel, et deux autres à Bordeaux."
 
(1) Lazaret : établissement où on isole et où on contrôle les arrivants d’un pays infecté par une maladie contagieuse. (Petit Larousse).

La Compagnie met en scène ses navires sur les gravures comme si dessous :

A Caïfa, devant le mont Carmel:

                             
ou encore à Smyrne:

                                    

Les embarquements / débarquements des voyageurs (extraits) :

A Marseille :

« De légers canots portant un petit pavillon aux initiales P.P. sont à disposition des voyageurs qui ont retenu leurs places pour partir par l’un des paquebots du service des postes. Ce moyen a été imaginé pour mettre les passagers à l’abri des exigences des bateliers qui pourraient évaluer leurs services à prix exagéré, vu la nécessité de se rendre à bord à heure fixe. Enfin les dépêches sont à bord, les voyageurs ont rallié l’énorme colosse qui lance au ciel de longues colonnes de fumée, les dernières dispositions pour l’appareillage sont prises, le dernier grelin est largué et le noble navire s’avance majestueusement entre le fort Saint-Jean et le fort Nicolas … »


 

 



 
 
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