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En mémoire de
Paul Marie Jarret de la Mairie (1817-1891)
Capitaine au Long Cours (1846-1869)
Transcriptions de 2 lettres de recommandation du Vicomte Dambray
 


(ou une histoire de réseau…)


source de l'archive 


 
Cette première lettre, archive non datée, semble adressée à Marseille. La retranscription est dans son « jus », c’est-à-dire telle quelle et sans aucune correction. Elle date sans doute de 1850.

« Mr Paul de(1) Jarret, marin depuis 13(2) ans, a été reçu Capitaine au Long Cours en février(3) 1846, avec le N° 1er. Il a ensuite commandé pendant 5 ans un brick à lui appartenant, qu’il a vendu, il y a quelques temps ; avec l’idée d’obtenir le commandement d’un des paquebots du Levant, excellent officier et excellent sujet, il serait une précieuse acquisition pour la Compagnie adjudicataire du service des dépêches de la Méditerranée, la Compagnie des Messageries Nationales, à laquelle Mr de Jarret a été vivement recommandé, après sur lui les renseignements dont on a lieu de croire quelles a été satisfaite, tout le commerce de Marseille le connaît avantageusement. Je connais sa famille depuis de longues années(4) je sais qu’il jouit de la considération la mieux méritée et je prie Mr de la Boulié(5) d’être assez bon pour m’aider de sa recommandation en faveur de Mr de Jarret auquel je porte le plus grand intérêt.


Dambray »
  1. « de » Jarret apparait souvent dans les documents concernant cette famille. Le « de » est abusif mais semble être en rapport avec « de la Mairie » oublié puis rajouté au patronyme par jugement du tribunal de Château-Gontier en 1869.
  2. Une date sans doute approximative
  3. En fait le 1er avril 1846.
  4. Voir la note sur « l’Insurrection de Chanay » et la position légitimiste de cette famille au moment de l’accession au pouvoir de Louis-Philippe et la note plus loin sur le vicomte Dambray.
  5. Gustave de LA BOULIE avocat, jurisconsulte et orateur de talent, se consacra notamment à la défense des journaux légitimistes, procureur du roi près de tribunal de Draguignan, nommé avocat général à la cour royale de Riom le 10 juin 1829, démissionnaire en 1830, élu à Marseille député des Bouches-du-Rhône de 1834 à 1837 puis réélu de 1848 à 1852, puis inscrit au barreau de Paris http://genobco.free.fr/provence/Laboulie.htm 
              


Cette deuxième lettre contient le cachet de la poste de Longueville en date du 16 septembre 1850 et est adressée à Mr Simons, Directeur de la Compagnie des Messageries Nationales, rue Notre Dame des Victoires à Paris. Elle semble postérieure à la première par sa plus grande netteté en terme de contenu et d’argumentation.


 
Montigny par Longueville (Seine Inférieure)


Monsieur,
 
Permettez-moi, je vous prie, quoique j’ai à peine peut-être l’honneur de vous être connu de nom, de solliciter votre bienveillance pour un de mes amis tout à fait propre à l’emploi qu’il désire obtenir et offrant toutes les garanties de moralité, d’expérience et d’instruction ; il voudrait bien que les Messageries Nationales, auxquelles appartiennent les 15 ou 16 batiments à vapeur destinés au service des paquebots du Levant, voulussent bien lui confier le commandement d’un de ces batiments. Mr de Jarret pour lequel je prends la liberté de vous écrire est tout à fait en mesure de présenter les plus honorables certificats, il est avantageusement connu à Marseille et si la Compagnie veut prendre des renseignements sur son compte, elle peut s’adresser à Messieurs Perrée frères, anciens armateurs, à Mr Désiré Auzilly négociant commissionnaire et à Mr Guès courtier maritime, avec qui il a été souvent en relation d’affaires.

Mr de Jarret a 33 ans il a toute la maturité de l’âge plus avancé, il est marin depuis 12 ans, il a commencé avec courage et énergie, par le plus rude des métiers, la pêche à la baleine, dans les mers du Sud où il a navigué 2 ans. Après un examen des plus brillants il a été reçu à Toulon au concours examen de 1846, Capitaine au Long Cours, avec le 1er numéro. Depuis cette époque Mr de Jarret commande un navire dont il est propriétaire, c’est un brick, du port de Marseille nommé la jeune Estelle.

Je prends le plus vif intérêt au jeune marin que j’ai l’honneur de vous recommander parce que je connais beaucoup l’honorable famille à laquelle il appartient, et parce que lui-même jouit de l’estime et de l’amitié des personnes les plus considérées de département de la Mayenne et de celui de Maine et Loire.

Veuillez m’excuser je vous prie de l’insistance avec laquelle je vous prie de vous occuper avec bienveillance de la demande de  Mr de Jarret  et daignez agréer l’hommage de la haute considération avec laquelle j’ai l’honneur d’être Monsieur votre très humble et obéissant serviteur.

Le Vte Dambray

Membre de l’assemblée législative

 
Note sur Dambray : Source Wikipédia 

Charles Emmanuel Henri Dambray
 est né le 21 janvier 1785 à Paris.

Avec le retour des Bourbons, il entre dans l'administration dès 1814 comme maître des requêtes au Conseil d'Etat. Louis XVIII l'appelle à la pairie le 17 août 1815.

Aidé par la protection de son père, il devient Conseiller d'Etat.

En 1817, le Roi le confirme dans sa qualité de Pair de France et lui attache le titre de Vicomte.

Il est fait officier de la Légion d'honneur le 3 novembre 1827.

En 1829, il devient également conseiller général de la Seine Inférieure . Il apporte son concours au minsitère de prince de Polignac.

Pendant les Trois Glorieuses, il cherche à maintenir la branche aînée sur le trône. Mais il est impuissant, comme son collègue Chateaubriand, à empêcher l'avènement des Orléans. Il refuse alors de prêter serment à Louis-Philippe.

Il se retire dans son château de Montigny.

Il ne sort de cette retraite qu'avec la chute de la monarchie de Juillet en 1848.

Le 13 mai 1849, il est élu par le département de la Mayenne représentant du peuple à l'Assemblée législative. Il siège à droite et vote avec les légitimistes.

Il rentre dans la vie privée après le coup d'État du 2 décembre 1851.
















 



 
 
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