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En mémoire de
Paul Marie Jarret de la Mairie (1817-1891)
Capitaine au Long Cours (1846-1869)
 
Témoignage sur l’insurrection contre « l’usurpation » de Louis-Philippe à Chânay (probablement en 1830), Grez-en-Bouère (Mayenne)

Extrait des « Souvenirs de l’occupation allemande, camp retranché de Toulon, 1940-1944, Sanary, Renier, Six-Fours, La Seyne, Ollioules ». Pages 58 et 59. Ouvrage édité à frais d’auteur mais consultable en Bibliothèques municipales.
Auteur : Jacques Vert, pseudonyme de Jeanne Angèle Publia Jarret de la Mairie (1858-1953), fille naturelle de Paul Marie Jarret de la Mairie (1817-1891), nièce d’Anatole Augustin (1812-1890) , frère aîné (11) du précédent.
 
« A part ces dégâts, mes rapports avec les occupants (1) avaient été faciles. J’aimais l’Italie. Depuis mon enfance, la beauté divine de la péninsule avait chanté à mes oreilles. Mes parents (2), bien que plutôt nordiques (3), s’étaient grisés de cette splendeur aux mille facettes. J’appris à lire dans un alphabet italien (4). Avant les chemins de fer, mon père (5), marin, fit le service de la côte et but à la coupe enchantée. Il avait eu l’occasion de transporter nombre de personnages. Une fois, il avait eu de passage à son bord (6) la famille royale de Naples (7). Causant avec la reine, il lui avait raconté l’insurrection provoquée par la duchesse de Berry (8) contre l’usurpation de Louis-Philippe. Quoique jeune garçon (9), il en avait été témoin, tous les siens avaient embrassé la cause de la légitimité et organisé le soulèvement de leur district. Son frère aîné parti à la tête des paysans, s’était battu et, tombé blessé, fut ramassé par ses héroïques compagnons qui avaient voulu l’emporter au péril de leur vie. Vaincu, il fut condamné à mort par contumace. Mon père avait vu l’investissement et l’invasion par la troupe du château de Chânay, à Grez en Bouëre, un mort demeurant gisant dans une allée. Les propriétaires et ses jeunes sœurs s’en étaient allés, il ne restait plus qu’une vieille grand-mère (10), les jeunes cadets et quelques domestiques. Les autorités savaient que là était établi un dépôt d’armes. Il s’y trouvait en effet. On fouilla partout. Les enfants furent des hommes ; les domestiques, des braves. Personne ne parla. Perquisition infructueuse. Jusqu’à la fin, les armes se cachèrent dans les écuries, enfouies sous les pieds des chevaux. »
  1. Les Italiens, nous sommes en Provence, à Sanary sur Mer (Var)
  2. Bizarre… fille naturelle, de mère inconnue… Une souffrance sans doute gommée ainsi… Pas de contact connu avec sa parenté de Mayenne, qui d’ailleurs ne semble pas avoir voyagé en Italie, au regard de leurs présences aux recensements du XIXè siècle et aux différents actes d’état civil les concernant. Il est possible, cependant, qu'il y ait eu un amalgame avec le vécu de son époux Victor Brun (1845-1922), "commis voyageur" et qui a voyagé en Italie (cf plus haut: "Souvenirs...").  
  3. Sic… vu du sud de la France. Les Jarret sont originaires de l’Ouest de la France.
  4. Sans doute à Malte, où elle semble avoir passée ses premières années (jusqu’à l’âge probable de 7 ans).
  5. Paul Marie Jarret de la Mairie, Capitaine au Long Cours, aux Messageries Impériales
  6. Très probablement "Le Philippe Auguste": premier navire en fer et à roue, destiné au transport des voyageurs en Méditerranée, sorti des chantiers de la Ciotat en 1845. Paul y a effectué son service du 8 janvier au 12 avril 1856 (1p4 15, SHD de Toulon).
  7. Ferdinand II, roi des Deux Siciles de 1830 à 1859, descendants des Bourbons de France, d’Espagne et de Naples et des Habsbourg-Lorraine, et Marie-Thérèse de Habsbourg-Lorraine-Teschen.
  8. Marie Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1789-1870). Mariée en 1816 au duc de Berry, second fils du futur Charles X, elle voulut assurer pour son fils, le duc de Bordeaux, le maintien de la couronne dans la branche aînée des Bourbons. Après 1830, elle tenta en vain de soulever le sud de la France et de relancer les guerres de Vendée contre le gouvernement de Louis-Philippe.
  9. Paul Marie avait environ 13 ans.
 10.Philippe Madeleine Perrine du Duboisjourdan (1751-1840), épouse d'Henri René Julien Jarret de la Mairie (1751-1781), Chevalier, Seigneur de Lépine puis de la Mairie, Mousquetaire noir, grand-père paternel de Paul. Veuve, durant la Révolution elle vit au château de Chânay, avec ses enfants. Ses deux fils participèrent à la chouannerie. Elle décida, vers 1805, de bâtir une nouvelle demeure à Chânay pour accueillir ses petits enfants source: http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-mayenne-chateau-a-grez-chateau-de-chanay.html. Louis Ambroise Augustin, son second fils, et son épouse Marie-Angèle le Gouz du PLessis, y ont élévé leurs enfants, petit-enfants de Philippe Madeleine, tous nés à Baugé, Maine et Loire, dans la maison des parents de leur mère Marie-Angèle.
   11. Anatole Augustin a été Maire par la suite de Grez-en-Bouère de 1850 à 1853, et de 1876 à 1880 (Etat civil des AD de la Mayenne).

Le Château de Chânay aujourd'hui. Source: http://france-chambres-hotes.fr/chambres-hotes-pays-de-la-loire/chambres-hotes-en-mayenne-et-table-hotes-en-mayenne/1451-chateau-de-chanay.html


      



 
 
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